Santé

Actes médicaux inutiles: faut-il abolir les disparités régionales?

 

Depuis quelques jours, les médias relaient une étude de terrain sur les actes médicaux inutiles qui, d’après eux, coûteraient 50 milliards d’euros par an à la Sécurité sociale.

La méthodologie de cette étude, dont les résultats ont été diffusés dans Le Journal du dimanche, repose sur la comparaison du nombre d’actes entre départements, en considérant que si un acte est plus fréquent dans une région, c’est qu’il a été effectué dans certains cas sans être nécessaire.

L’exemple général étant qu’à Chypre, un accouchement sur deux se fait par césarienne, contre un sur sept en Islande, le principal facteur qui mène à des césariennes étant la taille du bassin de la femme trop étroit, y a-t-il une raison pour que celui des femmes d’un pays nordique soit plus large que celui des femmes d’un pays méditerranéen ? Tout le monde sait bien que les Vikings étaient de petite taille et les Grecques des géantes !

Plus sérieusement, les disparités entre les populations ont un effet sur les actes médicaux. Pour en revenir à la France, le taux de césariennes est plus important en région PACA et en région parisienne, là où se trouve une forte population méditerranéenne.

Outre les facteurs génétiques, les disparités peuvent aussi être dues à des phénomènes environnementaux (ou au comportement individuel, souvent lié à la culture, donc à l’environnement). Prenons l’exemple des pontages coronariens. La région PACA est une bonne élève avec un taux très faible, qui est certainement lié au « régime méditerranéen » connu pour protéger des maladies cardiovasculaires. À l’opposé, le département du Nord en réalise beaucoup, en raison de son régime très équilibré, composé majoritairement de pommes de terre et d’huile bouillante. Il serait intéressant de croiser ces données avec d’autre données épidémiologiques, et aux facteurs de risques de chaque pathologie.

Il y a fort à parier que certaines opérations sont plus fréquentes dans un département en raison d’une plus grande prévalence…

Plutôt que de s’attaquer à notre système de santé, peut-être qu’en utilisant cette méthodologie, on pourrait mettre en évidence d’autres « dépenses inutiles ». Par exemple, savez-vous qu’il y a une différence disproportionnée entre le nombre de sauvetages en mer effectués dans les Pyrénées-Atlantiques et ceux effectués dans la Creuse.

De même, les sorties d’hélicoptères de secours en haute montagne sont plus fréquentes en Haute-Savoie que dans le Pas-de-Calais. Voilà des sources d’économies à considérer !

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