L’INTERVIEW: Les principaux points de l’interview d’Emmanuel Macron sur RMC, BFMTV et Médiapart

Pendant près de trois heures (2h40), Emmanuel Macron invité de RMC, BFMTV et Mediapart a répondu aux questions de Jean-Jacques Bourdin et d’Edwy Plénel qui ne l’ont jamais appelé « Monsieur le président de la République ». Des échanges vifs, musclés, parfois électriques, notamment quand par deux fois, avec le sourire, le chef de l’État a rappelé aux deux journalistes « Vous êtes des intervieuweurs, je suis le président de la République » ou quand, pressé par Jean-Jacques Bourdin, Emmanuel Macron a tenu à prendre son temps pour expliquer son action après 11 mois d’exercice du Pouvoir.

A plusieurs reprises, le président a repris ses interlocuteurs, jugeant les questions qui lui étaient posées trop « floues », ou « orientées ». Il ne s’est pas interdit non plus quelques remises en place. Ainsi, quand Edwy Plenel affirme : « Vous vous êtes trompé sur le nom de votre mouvement, vous auriez dû l’appeler « En force ». Et si vous avez récemment ajouté le mot « unir » dans votre communication, n’est-ce pas parce que vous prenez soudain conscience que vous avez divisé le pays au lieu de le rassembler ? » Ce à quoi Emmanuel Macron répond : « Est-ce une question ou un plaidoyer ? »
« Non, c’est une question » , rétorque le fondateur de Mediapart. « Elle a la tournure d’un plaidoyer », insiste le president. « Il n’y a jamais de mauvaise question » répond Edwy Plenel. « Non, mais il peut y avoir des questions orientées », remarque le chef de l’Etat qui précise qu’il répondra « à toutes » les questions.

Des questions qui ont tout d’abord porté sur l’opération Hamilton, le bombardement des sites de production d’armes chimiques de la Syrie par la France, les États-Unis et le Royaume-Uni. Saluant une opération « réussie sur le plan militaire », Emmanuel Macron interrogé par Edwy Plénel sur la légitilité de cette intervention a affirmé que les frappes contre le régime étaient « légitimes » puisque « trois membres permanents du Conseil de sécurité sont intervenus (…) dans le cadre strict de cette légitimité internationale » du fait du non-respect de l’interdiction des armes chimiques, et « sans déclarer la guerre au régime de Bachar al-Assad ».

Concernant le climat social, le président a estimé que les différents mouvements sociaux en cours ne correspondaient « pas à une coagulation » des « mécontentements », qu’il a assuré par ailleurs « entendre » et « respecter ».
Confirmant que la réforme de la SNCF irait « jusqu’à son terme » il a assuré que l’État reprendrait « progressivement » une partie de la dette de la SNCF « à partir du 1er janvier 2020″, sans en préciser toutefois le montant et le calendrier précis.

Au passage, Emmanuel Macron a annoncé que la réforme des retraites prévue en 2019 mettrait fin aux régimes spéciaux : « Il n’y aura plus de régimes spéciaux », mais le président souligne que le système de retraite par répartition sera maintenu.

Sur l’occupation des zadistes à Notre-Dame-des-Landes, Emmanuel Macron a répété que « tout ce qui devra être évacué le sera ».

Concernant le mal être à l’hopital, notamment aux urgences, il a indiqué qu’il n’y aurait « pas d’économies sur l’hôpital dans ce quinquennat » et qu’il annoncerait des décisions « fin mai ».
Sur la question de la dépendance, il faudra médicaliser de plus en plus les EHPAD et pour financer ces transformations le président considère qu’une deuxième journée travaillée est « une piste intéressante ».

Interrogé sur la fiscalité, Emmanuel Macron a affirmé qu’elle n’augmenterait pas durant son quinquennat et que le gouvernement ne créerait pas de nouvel impôt, ni local ni national.

Interrogé sur le port du voile, le président a rappelé d’abord « notre attachement à l’égalité entre les hommes et les femmes », expliquant ensuite que le voile n’est « pas conforme à la civilité qu’il y a dans notre pays ». Sur la question des mères qui portent le voile lors de sorties scolaires, Emmanuel Macron a fait la distinction entre celles qui suppléent l’Education nationale et qui dans ce cadre ne peuvent pas porter le voile, et celles qui ne font qu’accompagner leur enfant qui, elles, peuvent le faire. Mais dans tous les cas, le président veut s’assurer, et c’est très difficile, qu’il s’agit d’un choix personnel.

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