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Les Bad Gones, trente ans de combats et de victoires

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Dans le virage nord du Parc OL, rebaptisé Groupama Stadium pour les besoins de la modernité, les couleurs dominantes sont le bleu, le blanc et le rouge. Rien qui puisse étonner puisque ce sont là les couleurs de l’Olympique lyonnais, mais aussi du drapeau français sur lequel les Bad Gones n’ont jamais craché, contrairement à d’autres groupes de l’Hexagone lui préférant des étendards exotiques ou palestinien.

Pendant longtemps, le groupe aujourd’hui trentenaire a souffert d’une réputation sulfureuse. Les spécialistes de la question le plaçaient à l’extrême droite pour ses accointances avec les milieux nationalistes et son amitié avec les Ultra Sur de Madrid.

Depuis quelques années, le virage nord de Lyon a achevé sa cure de dédiabolisation et présente un visage avenant. Semaine après semaine, les Gones enchaînent les tifos de haute qualité, agitent les drapeaux au vent, font tourner les écharpes, chantent en chœur et sautent en cadence.

À l’heure de la mondialisation, qui dans le monde du ballon rond français se confond désormais avec qatarisation, les médias n’ont d’yeux que pour Neymar. Avec son modèle économique cohérent, et malgré les provocations inutiles de son président Jean-Michel Aulas sur les réseaux sociaux, l’Olympique lyonnais résiste.

Et derrière le club, les inamovibles Bad Gones sont devenus une institution, forts de leurs six mille abonnés – le plus grand groupe de France – qui reprennent en chœur le « Ahou » à chaque rencontre ou le tout aussi célèbre « Qui ne saute pas n’est pas Lyonnais ».

Le virage nord de Lyon est à l’image de la magnifique ville située à la confluence du Rhône et de la Saône : résistant aux effets du temps, fier de son identité, fidèle à son blason, ordonné dans son chaos, sagement rebelle, parfois un peu trop bien élevé, quoique caustique et grinçant.

On se souvient de la banderole déployée face aux supporters de Saint-Étienne, l’ennemi juré, il y a quelques années : « Les Gones inventaient le cinéma pendant que vos pères crevaient dans les mines. » Ou les calicots sexistes brandis dernièrement en tribune, vite rattrapés par une dédicace à la gent féminine : « Les femmes en cuisine, c’est aussi l’histoire de notre ville, hommage aux mères lyonnaises. »

En avril dernier, en Coupe d’Europe face aux Stambouliotes du Beşiktaş qui avaient déferlé à Lyon, dans une allégorie de la France contemporaine, les supporters lyonnais avaient résisté avec courage.

Les Guignol, du nom du personnage créé par Louis Mourguet, qui composent le virage nord ne sont pas des guignols. Les gamins de la ville fêtent aujourd’hui leurs trente ans. Durant ce bail, ils auront connu sept titres d’affilée de champion de France entre 2002 et 2008, le génial Juninho à la baguette, un torrent de larmes au moment de quitter le stade de Gerland, des combats épiques contre les Verts de Saint-Étienne et des exploits face aux grands d’Europe.

Inspirons-nous de la devise gravée sur la bâche, ayant valeur de marbre, du groupe : Combattre et vaincre. Bon anniversaire, les Bad Gones !

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