Culture - Editoriaux - Histoire - Table - 23 février 2018

Le cannibalisme serait-il en passe de devenir une violence comme une autre ?

« Trois Capverdiens (sic) ont été interpellés, dimanche soir à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), pour violences volontaires, acte de barbarie et anthropophagie ayant entraîné une mutilation permanente », rapporte Le Parisien.

Passons sur les violences volontaires, malheureusement trop souvent répandues, et concentrons-nous sur ce cas d’anthropophagie ayant conduit trois braves types à tabasser un quatrième puis le mordre « à la lèvre inférieure et à l’oreille gauche avant d’ingérer les morceaux de chair arrachés » (toujours selon Le Parisien), pour une sombre histoire d’argent.

Certes, le cannibalisme ne date pas d’hier, comme l’atteste la préhistorienne Marylène Patou-Mathis : « Les ossements humains les plus anciens que nous connaissions en Europe, trouvés dans le site de la Gran Dolina d’Atapuerca, au nord de l’Espagne, et datés de 800.000 ans, étaient mêlés à des restes d’animaux et portent des marques de décapitation, des stries de “boucherie” et des fractures résultant d’une action humaine (notamment sur des os à moelle). Femmes, hommes et enfants auraient été consommés » (hominides.com).

Toutefois, si ces pratiques ont été abandonnées dans nos contrées depuis belle lurette – sauf chez quelques spécimens de tueurs isolés ou dans des cas exceptionnels relevant de l’instinct de survie, comme en 1972, dans les Andes, lorsque, faute de secours, les survivants du vol 571 Fuerza Aérea Uruguaya se sont résignés à manger des cadavres –, elles perdurent sur le continent africain, le Cap-Vert étant un État insulaire d’Afrique de l’Ouest.

En août 2017, « cinq hommes accusés de cannibalisme ont comparu […] devant le tribunal d’une petite ville de l’est de l’Afrique du Sud, a rapporté la police. Les suspects, originaires de l’agglomération rurale d’Estcourt, dans la province du KwaZulu-Natal, ont été arrêtés il y a une semaine après la reddition de l’un d’entre eux à la police, à qui il a avoué “être fatigué de manger de la chair humaine” » (Le Monde). Dans cette affaire, il était même question d’un sorcier.

Il serait évidemment stupide de considérer tous les individus originaires d’Afrique comme de potentiels cannibales. Et, en 2013, c’est en Papouasie-Nouvelle-Guinée qu’« un homme a été arrêté […] après avoir tué sa fillette de 3 ans, en dévorant son cou et en buvant son sang » (afrik.com) – ce qui est loin du continent africain –, mais ce nouveau fait divers contrevient sérieusement à l’image d’Épinal d’un grand village planétaire et pose la question de la possible incompatibilité culturelle entre les peuples.

Certes, quelques esprits tordus pourront toujours avancer que les chrétiens sont, eux aussi, cannibales par essence puisqu’ils mangent le corps du Christ et boivent son sang. À ceux-là, je renonce à expliquer le concept de transsubstantiation. On part de trop loin dans la bêtise !

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