Élections européennes 2019

Élections européennes : quel citoyen s’en soucie vraiment ?

Ancien pilote de chasse
 

Les élections pour élire les députés du Parlement européen auront lieu en 2019. Dans les turbulentes et innombrables nouvelles qui alimentent l’intense actualité criminelle et sportive, quelques médias en font état, en indiquant les nouvelles dispositions que le Président veut instaurer pour la France.

Un média titre même « Macron lance son OPA sur les européennes ! » De quoi s’agit-il ? Un peu de pédagogie n’est pas inutile en la matière.

Pour le scrutin précédent, en 2014, la France était partagée en huit circonscriptions, sept en métropole et une seule couvrant tous les territoires ultramarins. Elles englobaient des régions, alors au nombre de vingt-deux en métropole et cinq outre-mer.

Les candidats connus ou vétérans de la politique débarquaient de l’autre bout de la circonscription pour des meetings faméliques qui ne rassemblaient que quelques élus locaux et des curieux en mal d’activités ludiques. Je garde le souvenir affligeant – et triste pour elle – d’une ancienne ministre ayant occupé six postes, dont quatre régaliens – un record -, faisant campagne dans un bistro devant moins de cent participants. Elle avait traversé le sud de l’Hexagone pour cette performance pitoyable. Quelle nouvelle et réelle ambition extra-nationale la motivait alors, avec un tel CV ?

Élue, elle fait partie des dix députés du Grand Sud-Ouest représenté par quelques figures déboutées d’élections hexagonales ou en chômage politique après des revers électoraux. C’est toujours mieux que le CESE, surtout côté indemnités. Les 12.826 € mensuels bruts, augmentés de la prime de présence en séance de 306 €, constitueraient-ils une motivation pour rallier les 751 députés du Parlement ?

La France compte 74 élus dans cette assemblée dont peu, sinon aucun citoyen, ne connaissent les activités et les décisions. Demandez à un quidam, voire un élu local, qui sont ses représentants et où se situe leur permanence itinérante. Ma connaissance du jour vient du Web, je l’avoue humblement. Silence des médias sur les activités strasbourgeoises, totalement focalisés sur les tribulations et décisions – ou tergiversations – de la Commission de Bruxelles.

Avec le non-cumul qui sera en vigueur lors de la prochaine élection, Macron veut en finir avec les circonscriptions de circonstance et donner voix à des listes nationales qui limiteront le nombre de candidats. Ce qui suggère le commentaire d’« OPA ». Contre les eurosceptiques disséminés, il veut pouvoir présenter une liste de nouveaux, aussi inconnus que lors des législatives, mais qui apporteront tout leur soutien à une nouvelle orientation communautaire avec une belle majorité, espère-t-il.

Quand, précédemment, des candidats faisaient campagne dans leur circonscription d’outre-mer, je me demande ce qu’un Kanak, un Tahitien ou un Mayottais pouvait entendre et réclamer de commun à l’Europe, pour autant qu’il ait vu un candidat ?

Avec cette nouvelle disposition électorale, et sous condition qu’ils soient restructurés, les partis pourront faire entendre leur voix avec quelques nouveaux ténors autrement mieux que lors des errances antérieures. Et faire ainsi front à la tentation communautaire de constituer une fédération de régions.

Quant aux citoyens, leur intérêt sera sans doute mieux stimulé, avec une abstention en recul ?

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