Héroïsme

Entre Mamoudou Gassama et le caporal Steven, quelle différence de traitement !

Ancien officier de Gendarmerie

Diplômé de criminologie et de criminalistique

 

Depuis un mois, le caporal Steven participe à l’opération Sentinelle dans la capitale des Gaules. Vendredi 1er juin, profitant d’un repos bien mérité entre deux patrouilles, il déambule dans les rues du 7e arrondissement de Lyon lorsqu’il aperçoit un enfant accroché au balcon du premier étage d’un immeuble. Le militaire du 28e régiment de transmissions d’Issoire saute immédiatement le mur d’enceinte de la résidence, rapporte La Montagne.

« J’ai couru pendant que d’autres témoins appelaient les secours. » Il réussit non sans mal à atteindre le balcon pour sauver l’enfant de 18 mois avant une chute probable : « Il ne pleurait pas mais il était terrifié et j’ai eu du mal à le décrocher du balcon. Il avait échappé à la surveillance de ses parents et souhaitait récupérer sa chaussette, tombée plus bas », raconte ce militaire de 26 ans.

Les pompiers, « avertis par un motard passé par là et une jeune serveuse témoins de la scène, sont intervenus rapidement sur les lieux. Ils ont pu constater que l’enfant récupéré était en pleine forme. Le militaire a reçu les remerciements des parents avant de s’éclipser, en toute discrétion. » Mercredi, le caporal Steven est rentré dans sa garnison retrouver une épouse qui attend un bébé pour bientôt.

Cette action doit vous rappeler quelque chose ? Pourtant, pour les grands médias du système, aucune similitude, cet homme ne présente pas d’intérêt, malgré son action, il reste un personnage inconnu, excepté de la presse locale.
Pourquoi cet ostracisme, ce deux poids deux mesures ? Il est facile de le décrypter :

Il se prénomme Steven et non Mamoudou ; comme dirait Macron, c’est un simple mâle blanc.
Il loge à Issoire, siège d’une sous-préfecture et non la mégapole parisienne.
Il est caporal dans un régiment de transmissions et non un clandestin cherchant à être régularisé.
Son acte n’est l’objet d’aucune vidéo, aucun rassemblement au pied de l’immeuble pour admirer son agilité, et pas de foule pour applaudir son exploit.
Il n’est reçu par aucune autorité. Il n’est pas accueilli par le chef des armées mais seulement par son chef de corps.
Il n’a obtenu aucune décoration de la ville de Lyon dont Gérard Collomb, « patron » de l’opération Sentinelle, fut longtemps maire, contrairement à Gassama, qui a reçu la médaille de la ville de Paris des mains empressées de Mme Hidalgo.
Il n’est même pas monté en grade. À lui, la grande échelle des pompiers de Paris, pourtant corps militaire, n’est pas promise.
Il n’est qu’un Français moyen et aucune instance de défense des autochtones n’a expliqué son geste par les caractéristiques de solidarité et de courage inhérents à sa couleur de peau.

En résumé, en juxtaposant ces deux faits divers, on s’aperçoit que, pour les médias « mainstream », il n’y a rien de semblable. Pour eux, nous, Français enracinés, ne sommes que poussières d’images face aux nouveaux arrivants. Nous ne captivons plus ceux qui braquent caméras et micros. En revanche, les télés du monde entier, BBC et CNN compris, ont diffusé les vidéos du sans-papiers.

Quoi que nous fassions de positif, ce positif se transmue, lors des journaux télé, au mieux en banalités. Notre statut majoritaire ne suscite que silence chez les diffuseurs.

Car les sunlights ne sont réservés aux policiers et aux citoyens que pour les blâmer s’ils se confrontent aux migrants.

Diplômé de criminologie et de criminalistique

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