Identitaires

Face au combat des Identitaires pour nos frontières : Rémy Heitz, un spécialiste de la langue de bois

Avocat
 

Faire passer les frontières aux clandestins, les loger, les aider ensuite à se disperser sur le territoire, c’est illégal mais moral. Manifester son opposition à leur venue au sommet d’un col et, à l’occasion, en remettre un ou deux à la gendarmerie, c’est légal mais immoral. Pour un gouvernement qui ne lutte qu’assez mollement contre le phénomène, transformer l’immoral en illégal est un impératif catégorique.

L’action de communication réalisée par Génération identitaire au col de l’Échelle, haut lieu de passage des clandestins de l’Italie vers la France a suscité des réactions indignées. La presse, les politiciens, l’évêque de Gap, les associations, l’administration ; tout ce petit monde s’est offusqué d’une initiative inédite, non violente, à laquelle une large publicité a été assurée grâce aux chaînes d’information continue.

Impossible de laisser passer un tel événement sans réagir : le ministère de la Justice a délégué un de ses plus fins juristes, l’ancien délégué interministériel à la sécurité routière, Rémy Heitz. Autant dire un spécialiste international de la langue de bois. Niveau olympique. Recasé au poste envié de directeur des affaires criminelles et des grâces, le haut fonctionnaire a pondu une circulaire à destination des parquets qui, sous couvert d’information, les incite en réalité à poursuivre ces dangereux trouble-fête et autres empêcheurs de vivre ensemble.

Une première infraction « visant les comportements hostiles à la circulation des migrants » est, selon lui, « l’immixtion dans une fonction publique ». En clair, le fait, pour les identitaires, de se comporter comme des supplétifs des forces de l’ordre. On y trouve, par exemple, le fait de contrôler le respect des frontières, d’assurer une surveillance visuelle ou l’édification d’obstacles, ou la reconduite à la frontière des migrants, y compris sans violence, toutes actions susceptibles de caractériser le délit prévu par l’article 433-12 du Code pénal.

Une seconde infraction consiste en « l’exercice d’une activité ou l’usage de document créant la confusion avec une fonction publique ». C’est-à-dire la possibilité, pour les clandestins, de confondre les forces de l’ordre avec les militants identitaires. On croit rêver.

Le procureur de Gap ne s’y est pas trompé : s’il a ouvert une information à la suite de la remise aux gendarmes de deux clandestins à Montgenèvre, il a classé sans suite le jour même après avoir constaté l’absence de violences ou de menaces. Comment poursuivre des gens qui ne font qu’appliquer l’article 73 du Code de procédure pénale, qui prescrit à tout citoyen témoin d’un crime ou d’un délit de mettre en œuvre les moyens à sa disposition pour remettre l’auteur de l’infraction aux forces de l’ordre ?

« Je m’étais inquiété de possibles menaces ou pressions à l’encontre des migrants. Aucune infraction n’avait été relevée, aucune plainte déposée, j’ai donc classé l’affaire sans suite », a déclaré le procureur Balland à la presse. C’est tout. Et si le magistrat se dit attentif à la situation, ce qui est somme toute son métier, il ne semble pas déterminé à intenter des poursuites que n’importe quel avocat un peu sensé pourrait démonter sans peine devant un tribunal correctionnel.

Raphaël Balland est un homme avisé. Loin de jeter de l’huile sur le feu pour complaire à un obscur fonctionnaire – si haut placé soit-il – de la Place Vendôme, il s’inquiète surtout de la paix civile dans son département. Une paix civile sans doute plus menacée par les gauchistes qui s’adonnent au trafic d’êtres humains que par une poignée d’identitaires agissant à visage découvert, dont le seul crime est d’étendre une banderole « No Way » sur le flanc d’une montagne.

Au moins le gouvernement aura donné des gages à la bien-pensance. Avec, une fois encore, une étrange complaisance pour les passeurs que la Justice peine à poursuivre et à punir.

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