Clandestins

La gauche vent debout contre les Identitaires

Colonel à la retraite
 

Ils n’ont rien cassé, rien tagué, rien salopé. On peut même imaginer qu’ils ont ramassé les détritus de leur pique-nique. Ils n’ont pas bloqué la voie publique. Ils n’ont emmerdé personne qui allait au turbin ou voulait rentrer dans sa banlieue après une journée de travail. Ils ne portaient pas de cagoules. Ils ne comptaient pas s’accaparer un terrain qui ne leur appartenait pas. Il est vrai qu’ils ont l’outrecuidance de penser qu’ils sont encore chez eux en France. Ils n’ont pas cassé du flic. Ils n’ont pas balancé de cocktails Molotov. Ils n’ont pas défoncé le bitume : c’est vrai qu’à cette hauteur, il n’y a que de la caillasse et des herbages.
Ils n’ont pas causé de trouble à l’ordre public. Et pour cause : à 1.762 mètres d’altitude, c’est plus compliqué de rassembler des désœuvrés que du côté de Tolbiac ou dans la lande nantaise ! Et puis, pas de vitrines à saccager en guise de promenade du samedi après-midi. D’ailleurs, la préfecture des Hautes-Alpes n’a pas pu faire autrement que de faire ce communiqué laconique : « Rassemblement du mouvement “Génération identitaire” : préfecture et forces de l’ordre suivent avec vigilance et attention la poursuite de cette opération pour prévenir tout trouble à l’ordre public et garantir le respect du droit. » Bah, oui, que dire d’autre : ils n’ont rien cassé, rien tagué, rien salopé…

Le lecteur l’aura compris, s’il suit un peu l’actualité, c’est de la centaine de jeunes identitaires, qui se sont rendus samedi à la frontière franco-italienne, dans les Hautes-Alpes, pour manifester contre l’entrée des migrants illégaux sur le territoire national, qu’il est question. Symboliquement, ils ont élevé une barrière entre l’Italie et la France au sommet du col de l’Échelle, l’un des nombreux points de passage des clandestins pour entrer sur notre territoire.

Le sang de la gauche n’a fait qu’un tour. Ainsi, la députée socialiste Valérie Rabault a interpellé le ministre de l’Intérieur en tweetant : « L’État ne peut pas se contenter de “suivre” les opérations » et lui a demandé de dénoncer cette opération. Une « opération » qui s’appelle, en fait, une « manifestation » – un droit constitutionnel, faut-il le rappeler. Le patelin Gérard Collomb n’a pu que donner raison à son ancienne camarade de PS : Évidemment, nous condamnons. »

Mais, plus fort encore, a été la mise en parallèle entre ce qui s’est passé à Tolbiac et cette action alpestre. Laurence Pache, secrétaire générale du Parti de gauche : « Tu dégages des étudiants pacifiques à Tolbiac et tu laisses faire la chasse aux migrants. » On est sans doute en train de faire le bilan de ce que va coûter le nettoyage, la remise en ordre, sans parler du préjudice pour les étudiants qui veulent étudier, et l’on ose mettre en balance ces deux types d’action. Le pompon revient, bien entendu, à Jean-Luc Mélenchon, qui a osé demander au ministre de l’Intérieur ce qu’il comptait faire pour rétablir l’autorité de l’État. On ne se souvient pas que Jean-Luc Mélenchon ait été aussi exigeant lorsque les gauchistes, en marge des manifestations de la loi Travail, vandalisaient les rues de Paris. Tout comme sur l’affaire Notre-Dame-des-Landes, lorsque le député de Marseille déclarait, en janvier dernier, qu’on avait « une dette à l’égard des zadistes ».

« Des pitres un peu dérangés » qui sont « dangereux » : c’est ce que pense Mélenchon des identitaires du col de l’Échelle. Et ceux qui cassent, taguent, salopent, c’est quoi ?

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