Editoriaux - Histoire - Politique - Sport - 7 mai 2018

Les Herbiers face au PSG : David contre Goliath

Ce mardi 8 mai, dans la finale de la Coupe de France, le premier des supporters des Herbiers face au PSG sera certainement Philipe de Villiers qui, s’il a trop tôt suspendu sa carrière politique, a acquis, avec le Puy du Fou, une renommée qui s’étend au-delà de nos frontières. Dans un entretien au magazine Le Point, il explique pourquoi il souhaite la victoire du petit club amateur des Herbiers contre l’ogre du PSG : « Le duel du football couillu contre le football friqué », déclare-t-il, dans son langage qui sait être fleuri, une sorte de revanche des Vendéens contre les « Parigots », de la province enracinée contre la capitale qui se vend au plus offrant, un combat de David contre Goliath.

Certes, le PSG est une grande équipe, mais est-ce une équipe vraiment française ? em> »Quand on perd aux Herbiers, ça pleure dans les tous les cafés ; quand le PSG perd en quart de finale de la Ligue des champions, ça pleure au Qatar ! » souligne, avec ironie, Philippe de Villiers. Un peu exagéré, sans doute (le PSG compte beaucoup de supporters français), mais il y a bien une différence de nature entre les deux équipes : l’une, qui défend sa situation et les intérêts du Qatar, l’autre, qui a derrière elle une ville de 16.000 habitants, le département de la Vendée, une région forgée par l’Histoire. Qui représente le mieux la France profonde ?

Un budget annuel de 2 millions d’euros contre 500 millions : « Le joueur le mieux payé des Herbiers gagne 3.000 euros par mois ; Neymar au PSG, lui, 3 millions d’euros ! » précise Philippe de Villiers. Bien sûr, le PSG l’emportera, sauf miracle – mais, pour qui est proche du Puy du Fou, tout est possible. Une courte défaite des Herbiers serait déjà un exploit. Une victoire écrasante du PSG signerait le triomphe de l’argent qui coule à flots, comme le pétrole et le gaz au Qatar. À l’invitation des dirigeants vendéens, il rencontrera les joueurs dans les vestiaires, mardi matin, après leur ultime entraînement, pour leur dire que « tout est possible quand on a le feu sacré ».

C’est comme en politique. Si les dirigeants de la droite authentique – pas celle des arrangements politiques, celle des convictions – laissaient de côté leurs querelles d’ego et se réunissaient sur l’essentiel, cela ferait une belle équipe : Philippe de Villiers, Nicolas Dupont-Aignan, Robert Ménard, Marine Le Pen et bien d’autres encore pourraient résister au raz-de-marée macroniste, qui commence déjà à s’affaiblir. Ce serait la victoire de la France et de ses valeurs contre la finance sans autre idéal qu’elle-même.

Aux élections européennes de 1999, la liste Pasqua-Villiers était arrivée en tête de la droite, devant celle du RPR et de Démocratie libérale. Vingt ans après, comme les mousquetaires, une union des droites défendant la souveraineté nationale, luttant contre le communautarisme et l’immigration débridée, préférant un humanisme social aux excès de l’individualisme, répondrait aux attentes des Français attachés à la France et pourrait l’emporter, au grand dam de ceux pour qui elle est déjà devenue un objet de musée.

Ce serait la victoire de David contre Goliath. Sans doute une des dernières occasions, pour la France, de survivre et d’influer sur l’avenir, d’échapper à sa dilution dans une Europe technocratique et un monde sans âme.

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