Économie

Héritage : il faut aussi assumer les dettes !

Ancien pilote de chasse
 

Depuis bientôt trois semaines, l’héritage de Johnny fait les unes et les autres dans les médias et les magazines, comblés par cette source inépuisable d’audience et de vente. Le feuilleton va prolonger la postérité de notre rocker national, devenu testateur international. Hélas, cette notoriété post-mortem émet des musiques moins harmonieuses, sinon rythmées et chaotiques, que celle des Vieilles Canailles. En l’occurrence, les vrais gredins étaient tapis en coulisse…

Précédemment, nous avions vécu la saga Bettencourt dans le même registre scénaristique, mais si la chute définitive ne nous a pas encore été révélée, il est probable qu’un ultime épisode viendra éclairer les attentes impatientes des Français, le nombre de prétendants étant limité.

En revanche, avec les nombreux légataires frustrés du héros national, plusieurs saisons successives reviendront pour sûr alimenter la curiosité de citoyens impécunieux, entre les internationaux de foot et les grèves annoncées des cheminots.

Il est, en France, un paradoxe étonnant et pérenne à propos d’héritage. Les Français semblent plus intéressés par celui qui ne les concerne pas que celui qui obère leur avenir .

Légataires universels de l’État, c’est une dette dont ils seront un jour redevables, eux ou leurs descendants, qui ne sauraient refuser ce legs douloureux, sauf à fuir, comme certains, en terre ibérique plus amicale.

Depuis VGE, les présidents successifs ont chargé la cagnotte négative avec constance et souvent un zèle débridé. Les quelque cent milliards d’euros laissés par le premier à son successeur Mitterrand, celui-ci va, avec talent, les multiplier par cinq. Chirac ajoutera 750 milliards à son « actif », transmis à Sarkozy qui réussira un joli score de 600 milliards en cinq ans seulement, mais grâce au fort soutien de la crise de 2008 !

Puis est arrivé Hollande, l’ancien et furtif professeur d’économie à Sciences Po, qui s’y connaissait en gestion publique. Il fit un peu moins bien que son prédécesseur avec 400 milliards, confiant un peu plus de 2.200 milliards d’euros de dette à son filleul en mai 2017. Cependant, un record restait à atteindre : faire de la dette l’égale du PIB, c’est-à-dire des revenus bruts de la nation. Il manquait quelque 4 % au tableau de chasse !

Mais, courage, Macron, nanti de sérieuses références économiques, va réussir cet objectif dès cette année.

Il est un compteur permanent et pugnace qui peut éclairer les plus sceptiques : celui des Contribuables associés, dont je recommande la consultation, après absorption d’un anxiolytique pour les plus fragiles.

Il montre que nous en sommes à plus de 2.230 milliards d’euros à ce jour, soit un petit « pécule » de 33.297 euros par habitant…

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