Entretien - Crise au FN

Yasmine Benzelmat : « J’ai décidé de quitter le groupe Front national du conseil régional d’Île-de-France !

Yasmine Benzelmat vient d’annoncer sa décision de quitter le Front national avec deux de ses collègues. Elle s’en explique au micro de Boulevard Voltaire.

Yasmine Belzelmat, vous avez quitté le groupe Front national du conseil régional d’Île-de-France hier. Vous reprochez au Front national de suivre une ligne trop à gauche. Pourquoi avez-vous tiré ces conclusions ?

Nous avons échangé sur notre expérience d’élues. Nous avons établi un diagnostic sur la situation actuelle, que ce soit au niveau régional, départemental ou national. Nous ne nous retrouvons pas dans le parti que nous avions rejoint.
Nous dénonçons effectivement une tendance trop à gauche malgré le départ de Florian Philippot. Selon moi, Florian Philippot n’était pas seul dans la gestion du parti. Cette ligne n’a pu s’imposer qu’avec l’aval de tous, ou d’au moins la majorité du bureau politique.
Florian Philippot est effectivement parti, mais on remarque que le Front national continue à se chercher. On passe d’une ligne très ancrée à gauche à des discours et des prises de position à droite, mais sans véritable lien rationnel.
On a l’impression d’être plus dans la posture avec une prise de position marketing. Quand j’entends dire, sur un plateau télé : « J’ai entendu les électeurs », je rappelle que les électeurs ont voté en majorité pour Macron. Même s’il faut bien s’adapter au contexte et ne pas être autiste, nous ne sommes pas là uniquement pour entendre les électeurs. Il s’agit de proposer quelque chose, et pas seulement de revenir au gré du vent sur nos positions.

Le parti était-il au courant de votre volonté de partir ?

La gestion des hommes et des femmes au sein du parti est un autre problème.
À plusieurs reprises, j’ai alerté sur des désaccords sur cette gestion très autoritariste qui se faisait beaucoup en dépit du respect des élus qui ne font pas partie de la caste du siège. Il y a un manque d’écoute absolu des élus de terrain dans ce qu’ils ont à remonter. J’ai eu l’occasion de faire valoir des désaccords de position et de gestion des hommes. Je n’ai pas été écoutée.
J’ai donc pris cette décision pour rester en cohérence avec mes idées et avec ce que je retrouve dans le ressenti des militants sur le terrain.

Allez-vous siéger comme indépendant ?

Tout à fait. Je n’ai pas l’intention de rallier la majorité. Je ne suis pas là pour soutenir la majorité, ou m’y opposer bêtement non plus d’ailleurs.
L’idée est de travailler dans le bon sens, au-delà des postures idéologiques. Je crois que c’est ce qu’attendent les Français. Il faut en finir avec les vieilles pratiques politiques de droite ou de gauche qui consistent à s’opposer systématiquement lorsqu’on est dans l’opposition, même s’il s’agit d’idées qui vont dans le bon sens, et de soutenir aveuglément la majorité lorsqu’on en fait partie.

POUR ALLER PLUS LOIN