Histoire - Pologne

Jerzy Popiełuszko, prêtre, patriote, martyr de la foi (2)


Français expatrié en Pologne depuis 1993, correspondant du quotidien catholique français Présent, contributeur du site Visegrád Post, collaborateur de l'hebdomadaire conservateur polonais Do Rzeczy et commentateur du quotidien Gazeta Polska Codziennie.

 

Le porte-parole du gouvernement communiste sous la dictature du général Jaruzelski, Jerzy Urban, s’est reconverti dans les années 90 dans la presse violemment anticléricale et libérale-libertaire et mène une vie confortable. Dans les mois qui avaient précédé l’assassinat du père Popiełuszko, il tonnait dans les médias du régime contre les « séances de haine » qu’étaient, selon lui, les sermons de ce serviteur du Christ et de la Pologne appelant les fidèles à « vaincre le mal par le bien », ainsi que l’avait enseigné saint Paul dans sa lettre aux Romains : « Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien. »

Mais déjà, à l’époque, être catholique et patriote, c’était être « nationaliste », voire « fasciste », et tenir un discours de haine. Contre le bien, le mal déchaîne sa colère. Les libéraux-libertaires et les LGBT de nos sociétés actuelles n’ont rien inventé, mais c’est peut-être parce qu’ils ont des liens de parenté idéologiques plus forts qu’ils ne se l’imaginent avec les communistes des anciens pays de l’Est.

« Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse » (deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens). Jerzy Popiełuszko n’était pas très grand, il était mince et plutôt maladif. Il souffrait d’anémie et avait le cœur malade, peut-être en partie à cause des mauvais traitements subis pendant son service militaire, alors qu’il était jeune séminariste. Un service accompli dans une unité spéciale réservée aux candidats à la prêtrise, où on cherchait à les faire renoncer à leur vocation. Mais malgré sa constitution fragile, c’est Popiełuszko qui soutenait moralement ses camarades. Chargé, plus tard, de la pastorale des étudiants et des personnels de santé dans ses paroisses successives, il devint aumônier du syndicat Solidarité à l’occasion d’une messe demandée par les ouvriers en grève des aciéries de Varsovie, en août 1980.

Béatifié en 2010, son procès en canonisation est en cours. Les saints de l’Église catholique sont vecteurs de miracles pendant leur vie terrestre mais aussi après. Et pour déclarer qu’une personne est sainte, il faut au moins un miracle documenté. En ce qui concerne le père Jerzy Popiełuszko, plusieurs ont été rapportés. L’un deux s’est déroulé en France, il y a cinq ans. Né un 14 septembre comme le père Popiełuszko, le père Brien avait connu l’histoire du bienheureux Jerzy Popiełuszko par des religieuses polonaises rencontrées dans les hôpitaux de son diocèse de Créteil. Le 14 septembre 2012, le père Brien était à l’hôpital au chevet d’un certain François Audelan, atteint d’une leucémie en phase terminale. Il souffla : « Écoute Jerzy, c’est le 14 septembre, le jour de ton anniversaire et de mon anniversaire. Si tu dois faire quelque chose pour notre frère François, c’est le bon jour ! » Le lendemain, le malade, qui avait reçu les derniers sacrements dans la nuit, s’est levé de son lit complètement guéri.

Français expatrié en Pologne depuis 1993, correspondant du quotidien catholique français Présent, contributeur du site Visegrád Post, collaborateur de l'hebdomadaire conservateur polonais Do Rzeczy et commentateur du quotidien Gazeta Polska Codziennie.

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