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L’École buissonnière, un film d’un autre temps, à voir en famille

Critique de cinéma
 

Sorti en salles le 11 octobre, le nouveau film de Nicolas Vanier, à qui nous devons la récente adaptation de Belle et Sébastien, mais aussi Loup et Le Dernier Trappeur, explore un peu plus le champ des préoccupations du cinéaste. Autour de l’écologie et des valeurs traditionnelles, les adultes et le jeune public sont ainsi conviés à un film à grand spectacle qui, sans complexe, affiche de bout en bout sa volonté de faire consensus.

L’École buissonnière raconte l’histoire d’un jeune orphelin parisien de la fin des années 1920, Paul, qui du jour au lendemain, et pour d’obscures raisons, se voit confié à une domestique et à son mari garde-chasse, officiant tous deux au domaine d’un comte en Sologne. Sur place, le garçon se lie d’amitié avec un braconnier du coin, Totoche, qui lui apprendra peu à peu à apprivoiser la nature et à s’en rendre maître.

De là, bien sûr, le titre du film qui, contrairement à ce que l’on pourrait penser à première vue, n’a pas pour objet l’absentéisme scolaire ou le monde de l’éducation. Nous avons affaire, ici, à un film de terroir sur la transmission des savoirs entre un braconnier bonhomme et roublard et un jeune orphelin dont personne ne sait vraiment quoi faire. Un mélodrame à l’ancienne, en somme, qui nous fait beaucoup penser à Sans famille d’Hector Malot, notamment sur la fin, au Vieil Homme et l’Enfant, de Claude Berri, ou encore au cinéma d’Yves Robert. Un cinéma d’un autre temps, au déroulement des plus classiques, convenu même, pour ne pas dire « téléphoné ». Ses (minimes) imperfections n’entament en rien les qualités du film ni le plaisir du spectateur à suivre cet énième récit initiatique, celui-ci ayant pour plus-value les paysages magnifiques de Sologne, le charisme de François Cluzet dans un rôle inattendu à la Gabin et la mélodie entraînante de sa bande originale.

L’humour est relativement bien dosé, léger, cède volontiers le pas au romanesque et nous offre, par moments, quelques passages pour le moins jouissifs, comme lorsqu’il est question de dépeindre la relation complice et amusée entre le braconnier Totoche et le châtelain local, incarné par un Berléand suffisamment subtil et ouvert pour consentir à contourner le cliché de l’aristocrate sans cœur, dont la gauche nous rebat les oreilles depuis deux siècles.

Un film qui plaira aussi bien aux enfants qu’aux adultes, à voir en famille.

3 étoiles sur 5.

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