Entretien - Politique

Jean-Lin Lacapelle : « La leçon à tirer de l’élection présidentielle - nos fondamentaux étaient probablement les bons fondamentaux »


Responsable des fédérations et de la commission d’investiture au Front National. Chargé de la cellule « mobilisation militante » pendant la campagne de Marine Le Pen à la présidentielle.

 

Durant ce week-end se tient, à Lille, le 16e congrès du Front national. Au micro de Boulevard Voltaire, Jean-Lin Lacapelle, secrétaire national du Front national aux fédérations et à l’implantation, vice-président du groupe FN au conseil régional d’Île-de-France.

Jean-Lin Lacapelle, le congrès du Front national se déroule en ce moment. Quelles questions sont abordées et comment sentez-vous les militants ?

Ce congrès constitue un moment historique pour notre mouvement. Je suis au Front national depuis 30 ans et je crois qu’une page est en train de se tourner. Cela ne veut pas dire que nous renions le passé. Surtout pas. Nous restons fidèles à ce qui a été écrit.
Marine Le Pen est arrivée au second tour des présidentielles en recueillant 34 % des suffrages. 11 millions d’électeurs lui ont apporté leur soutien. Il s’agit maintenant de se préparer pour arriver aux 50 %. Il y a une dernière étape à franchir, nous avons cinq années pour cela.
Pour répondre à votre question, je sens les gens excités, curieux, et contents d’arriver à l’issue de cette grande consultation qu’a entreprise Marine Le Pen pour arriver dans une phase de concrétisation.

Alors que la consultation révèle que les militants restent attachés aux sujets traditionnels du Front national, le mouvement va-t-il y rester fidèle ?

C’est une évidence. L’idée n’est pas de changer le fond du Front national. Il s’agit plutôt de clarifier un petit peu mieux notre discours. La leçon que nous tirons de l’élection présidentielle est que si nos fondamentaux sont les bons, autour de l’immigration, l’identité et la souveraineté, mais que nous n’avons peut-être aussi inquiété nos électeurs.
Il s’agissait donc de recadrer un peu les choses afin de les rassurer, et notamment les séniors, en particulier sur la question de l’Union européenne et la souveraineté monétaire. Nous avons donc hiérarchisé les priorités.
D’une part, une sortie brutale et rupturiste de l’Union européenne ne semblait ni techniquement possible ni de nature à rassurer notre électorat. D’autre part, on nous a pris pour des anti-européens. Ce n’est pas le cas du tout. Nous sommes des anti-européistes, c’est-à-dire contre l’Union européenne telle qu’elle est construite aujourd’hui. Mais nous sommes des pros européens. Nous sommes pour une grande Europe des nations. Nous souhaitions le clarifier.
Par ailleurs, nous défendons un retour aux souverainetés avec un retour à la souveraineté territoriale immédiat et un retour à la souveraineté commerciale économique, ensuite un retour à la souveraineté législative, puis, en fin de quinquennat, un retour à la souveraineté monétaire. Je crois que c’est la meilleure façon de présenter les choses.

Steeve Bannon a été l’invité surprise du congrès du Front national. En quoi Steeve Bannon et le Front national sont-ils proches ?

Steeve Bannon a été l’adjoint et un artisan de la victoire de Donald Trump.
Je ne dis pas que Donald Trump était le modèle de Marine Le Pen. Je crois d’ailleurs que c’est plutôt le contraire. Depuis très longtemps dans notre mouvement, le protectionnisme intelligent est en effet une de nos orientations politiques.
Nous avons pour autant des points communs. L’accord que Donald Trump a signé hier pour protéger la filière de l’acier américain nous paraît une bonne chose. À l’issue de son élection, Donald Trump a demandé à Ford de ne pas délocaliser une usine au Mexique. Cela a permis de ne pas faire disparaître des emplois américains. C’est ce que nous souhaitions faire dans le programme de Marine Le Pen lors de l’élection présidentielle.
Aujourd’hui, notre président signe des accords de libre change avec sa famille politique et l’ensemble des familles politiques d’ailleurs. Le Mercosur a été signé au parlement européen et le CETA a été signé en France il y a quelques mois. Tout ceci vient à la fois déstabiliser la sécurité sanitaire de nos filières, et fragiliser nos paysans. Nos éleveurs sont durement touchés puisque c’est la filière bovine qui est grandement concernée.

Responsable des fédérations et de la commission d’investiture au Front National. Chargé de la cellule « mobilisation militante » pendant la campagne de Marine Le Pen à la présidentielle.

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