31 mars 2018

L’Islande veut interdire la circoncision pour les bébés : de quoi se mêle l’État ?

Une députée islandaise a déposé une loi interdisant, au nom des droits de l’enfant, la circoncision des bébés pour des raisons non médicales. Elle a provoqué un tollé, bien que le nombre total des membres des deux religions visées soit faible en Islande (1.000 musulmans et 250 juifs, sur une population totale de 320.000 personnes). Cette mesure est donc purement symbolique. La loi assimile la circoncision à une mutilation et la compare à l’excision, qui est interdite dans la plus grande partie des pays occidentaux.

La circoncision est indispensable aux juifs. Elle est le symbole de leur alliance avec Dieu, et un homme dont le prépuce n’aurait pas été coupé n’appartient pas à cette religion. Cette opération est fortement recommandée pour les musulmans, mais n’est pas impérative. Quelques rares théologiens mahométans la considèrent comme une coutume juive (donc à proscrire). Il est possible, en effet, que l’islam soit issu d’une secte juive qui suivait toutes les prescriptions de Moïse, mais pensait en plus que Jésus était le Messie.

Mettre sur le même plan circoncision et excision me gêne. Il n’y a aucun avantage dans la seconde coutume, bien au contraire. Dans la forme mineure (très peu pratiquée), où on ne retire que la peau protégeant le capuchon du clitoris, la fille excisée ne ressentira aucune gêne et, donc, la symbolique peut rester. Mais en général, on va plus loin et la mutilation d’une part plus ou moins grande du clitoris est une catastrophe pour la femme dans sa vie sexuelle. Elle a mal. Son plaisir est diminué, voire aboli. Cette barbarie doit donc être absolument interdite.

Or, la circoncision a plus d’avantages que d’inconvénients. À l’âge adulte, elle protège du VIH, de l’herpès et du virus du papillome humain. Il diminue les infections urinaires de 12 % (0,7 % des bébés sont hospitalisés pour de tels problèmes et certains en meurent). Il diminue, également, le cancer du pénis (fort rare) et l’épaississement du revêtement du gland réduit l’éjaculation précoce.

Ces avantages font que la circoncision est très répandue aux États-Unis chez les chrétiens. 95 % des garçons de moins de 18 ans ont perdu leur prépuce. Cette coutume médicale est particulière à ce pays et date du dix-neuvième siècle.

Mais la circoncision présente aussi des inconvénients : l’opération est douloureuse (autant qu’à l’âge adulte, contrairement aux idées reçues). 3 % des circoncis présentent des complications (infections, nécroses, saignements, trop grande extraction de peau, obligation d’une nouvelle opération). Le bébé portant des couches est moins protégé contre les microbes des selles et des urines. Certains circoncis se plaignent d’une perte de plaisir à la masturbation et pendant les rapports. Enfin, la lubrification (qui est source de confort pour le ou la partenaire) diminue fortement.

Pour moi, la circoncision n’étant pas une abomination comme l’excision, elle doit être autorisée pour les bébés, au choix des parents. Que l’État arrête de se mêler de ce qui ne le regarde pas !

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