anniversaire mai 68

Mai 68 – mai 2018 : cinquante ans pour jouer une mauvaise partition

Designer & architecte d’intérieur
 

« C’est une maison bleue/Adossée à la colline/On y vient à pied, on ne frappe pas/Ceux qui vivent là, ont jeté la clé… » C’est ce dernier vers qu’il faut retenir de la chanson « San Francisco », de Maxime Le Forestier. Ils ont jeté la clef !

En 1968, la France sortait de la guerre d’Indochine, puis de celle d’Algérie ; celle du Vietnam battait son plein. Les « Che » de tout poil donnaient le la d’une nouvelle musique libertaire, l’Internationale retentissait sur les barricades et tous pensaient que le monde avait besoin d’un nouvel hymne à la joie ! Alors, tout le monde renversa tout le monde et imposa une nouvelle partition, un nouveau mode d’analyse et un nouveau monde de bien-être… La musique adoucit les mœurs, c’est bien connu. Un nouveau paradigme, aussi, celui du mea culpa des nations qui – horreur – avaient détruit des pays dont l’organisation politique, sociale et économique, avant leur venue… n’existaient pas ! Cette révolution politique, sociale et économique visait, notamment, à abolir le capitalisme, le consumérisme, l’impérialisme et toute la culture mondialiste portée par les « Satans » qui avaient détruit le beau paradis humain dans lequel on vivait. Sauf que, durant ces années, il y avait peu de chômage, l’économie battait son plein, les Français parlaient aux Français et à ceux, encore peu nombreux, qui acceptaient de le devenir sans se mettre à genoux dans les rues de Paris.

Mais c’est égal ! Nos jeunes fumeurs de joints dépavèrent la capitale et dépravèrent le monde ! Leur slogan de l’époque « Il est interdit d’interdire ! » en disait long sur leur programme… Squats, baise à tous les étages, joints pour se remettre en forme, mélanges de tous et de toutes ! Le reste pouvait attendre que l’on soit sorti des brumes de la fumette, ce fin et odorant brouillard masquant pour un temps les couleurs d’un printemps qui annoncera l’avènement d’une nouvelle société, plus juste et plus riche d’un tas de mélanges…

Et ils s’en sont chargés ! On voit le résultat.

Il y a trente ans, c’était le Larzac, un mouvement de désobéissance civile non violente. Aujourd’hui, c’est Notre-Dame-des-Landes. Peu importait les causes, il était bon de continuer à se mélanger au son des musiques psychédéliques. Entre les deux, ils ont déconstruit la France et ses institutions ; et engraissé, avec l’argent des contribuables, le mammouth de l’Éducation nationale, les syndicats et les Premiers ministres, organisant la destruction systématique de toute une nation sur fond d’idéologie libertaire et mondialiste. Certes, il y a toujours eu nécessité d’optimiser nos institutions, mais pas au point de leur substituer un système dépravé qui bouscule et nie tous les fondements de l’organisation d’une société saine, apaisée et productive, assumant parfaitement ses origines judéo-chrétienne. Les « révolutionnaires » sortis des brumes de 1968 ont déchiré le livret de notre hymne national et ont falsifié une partie importante de l’histoire de notre pays. Il est tellement fragilisé que, depuis un demi-siècle, il enchaîne les couacs, donnant à notre symphonie nationale un air de thrène morbide.

Le travail, la famille (je n’ose pas ajouter « la patrie », vous comprendrez pourquoi) ne sont plus les clefs de sol de notre partition. Le travail, il y en a de moins en moins ; sauf pour ceux qui veulent travailler. Mais il est trop cher, en France. Il faut bien faire vivre l’État. Les petites entreprises et les artisans n’ont pas toujours les moyens d’embaucher… La famille, on l’a tellement destructurée idéologiquement que, bientôt, les enfants ne sauront plus si c’est maman ou papa qui leur chante une berceuse pour les endormir. Quant à la patrie, elle astique ses cuivres et joue la sonnerie aux morts pour honorer nos soldats, assassinés au terme de courageux et nobles échanges, ou tués, les armes à la main, sur des territoires où ils n’ont rien à faire ; cela pour illuminer l’ego de nos dirigeants qui pensent, pour finir sur une chanson bien de chez nous (de Michel Sardou), « la fleur au bout du fusil/La victoire se gagne aussi/En chantant ».

Fermez le ban !

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