Une main aux fesses ? Vite, le 3117 !

À la fin de ce mois de mars sera présenté en Conseil des ministres le nouveau projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles. Une loi de circonstance – encore une – qui va venir s’empiler sur la montagne de textes pris au fil des ans dans l’urgence des faits divers, et dont le point commun est d’être tous plus inapplicables les uns que les autres.

Les sanctions prévues au terme de ce nouveau projet de loi ne le seront pas davantage. Qui peut croire, en effet, que des policiers, judicieusement postés au coin des rues pour écouter les sifflets et autres « ziva, eh, tu sais qu’t’es bonne, mademoiselle », distribueront des amendes de 90 à 750 euros (!) pour des flagrants délits impossibles à établir ? Plus mirobolant encore, le rapport remis par les députés à la secrétaire d’État Marlène Schiappa préconise des « stages de sensibilisation » : « L’idée, ça sera d’envoyer en stage les harceleurs de rue (sic), les personnes qui auront été prises en flagrant délit d’outrage sexiste et sexuel, à leurs propres moyens, pour prévenir la récidive et pour mener cette action d’éducation et de combat culturel contre le harcèlement de rue. »

Formidable ! Alors, allons-y à fond, et puisque le prétexte à tout cela est le louable souci de nous rendre « toutes et tous » égaux, ouvrons le champ d’application de ce nouveau délit d’outrage sexiste et sexuel. Étendons-le, par exemple, aux féministes hystériques qui répandent à dessein des informations mensongères. Et, pour commencer, à la première d’entre elles, la dénommée Caroline De Haas, activiste politique planquée derrière son faux nez de la cause des femmes et manipulatrice d’opinion s’il en est.

En vertu de l’adage, sans doute, qui veut que « quand on hait, on ne compte pas, madame De Haas débusque les harceleurs à la louche. Confondant, dans sa marmite, les « ziva » à casquette (voir plus haut), les violeurs au couteau, les faiseurs de tournantes, les frôleurs, les frotteurs et les amateurs de blagues lourdingues, elle balance des chiffres à tout va. Comme cette statistique de pure fantaisie offerte à L’Obs : « 1 femme sur 2 victime de violence sexuelle. Dans la majorité des cas, par quelqu’un de leur entourage. Donc ça signifie que les agresseurs sont nombreux. 1 sur 2, 1 sur 3 ? Je ne sais pas. Beaucoup. » Et beaucoup, hein, c’est une donnée fiable.

C’est à elle que l’on doit les récentes accusations contre les ministres Darmanin et Hulot. Elle qui a « conseillé » l’accusatrice du premier et lancé les médias aux basques du second. À son propos, elle rapporte benoîtement à France Info : « J’ai eu des amies qui m’ont dit qu’elles avaient entendu des victimes [de Nicolas Hulot, ndlr] parler de faits de harcèlement. » Combien ? lui demande-t-on. « Ben, j’en sais rien puisque je ne les connais pas, les victimes ! Comme j’ai trois histoires qui me remontent, si ça se trouve, ça concerne la même personne… » En revanche, trois ans secrétaire générale de l’UNEF, elle n’a croisé là-bas aucun harceleur ni reçu aucune confidence de victime !

Grâce ou à cause de tout cela a démarré, aujourd’hui, dans le métro et les transports d’Île-de-France, une campagne destinée à « protéger les voyageuses ». Toutes les trois minutes résonne, dans les haut-parleurs, le message suivant : « Si vous êtes victime de harcèlement dans les transports, n’hésitez pas à contacter les secours : par téléphone au 3117, par SMS au 31177, sur l’application “Alerte 3117” ou encore via les bornes en station. » On nous signale également que « 740 agents de sûreté (SUGE) de la région ont été formés à repérer les harceleurs, mais aussi à prendre en charge leurs victimes. »

On peut se trouver avec des stations fermées sans préavis, ou même évacué d’une rame de métro sans aucune explication. Mais entre les messages nous incitant à boire frais s’il fait chaud ou se couvrir s’il fait froid, la RATP a maintenant tout prévu pour les mains aux fesses !

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