vérité

Quand Michel Onfray remet les pendules à l’heure chez Ruquier

Professeur
 

Même pour qui n’écoute pas l’émission de Ruquier, des extraits parcourent la Toile : de ce fait, j’ai entendu l’échange vigoureux entre Christine Angot et Michel Onfray. La première soutenait que « la comptabilité (= le nombre de morts) n’est pas le seul motif pour distinguer les crimes politiques, il y a aussi l’idéologie » et « peut-être que l’idéologie ça compte un peu », et l’autre répliquait qu’évidemment massacres et génocides faisaient douter de la valeur desdites idéologies.

Or, Onfray a cité, parmi les crimes idéologiques, les massacres révolutionnaires en Vendée et à Lyon, et l’usage abusif de la guillotine pendant la Terreur, approuvé qui plus est par Yann Moix. Qui l’eût cru ? Qui, il y a vingt ans encore – soyons justes : trente ans –, aurait parlé ainsi ? Relisant mon vieux manuel de seconde, je voyais plus de regret sur la décapitation de Robespierre que sur les noyades de Nantes. Le mensonge nous entoure, mais son rideau se déchire parfois : après tout, rappelons-nous que le massacre des officiers polonais à Katyń a longtemps été attribué aux nazis… Et Michel Onfray a fait un long chemin.

L’optimisme béat n’est, certes, pas de saison et les textes qui se préparent sur le contrôle de l’information au nom de la lutte contre les bobards sont fort inquiétants. Mais malgré les efforts des gouvernements et des lobbys divers, malgré la pression des bonnes âmes, promptes à voir la paille dans notre œil pour s’aveugler sur la poutre des autres (et les batteurs de coulpe sont nombreux, chrétiens ou non), malgré tout cela, la puissance des réseaux est grande et les signes de résistance en Europe, et dans le monde en général, se multiplient. Ne pouvons-nous espérer qu’un jour prochain, dans une émission aussi courue et peu suspecte de populisme qu’« On n’est pas couché », on puisse entendre, sans que les invités hurlent de dégoût, faire le point sur la traite et l’esclavage des Africains pratiqués à grande échelle et jusqu’au XXe siècle par des musulmans, sur la responsabilité des Africains eux-mêmes qui livraient les prisonniers promis à l’esclavage aux Européens dans les ports d’Afrique de l’Ouest ? Il serait temps de ne plus assumer seuls la responsabilité et nous verrons peut-être quelqu’un remettre à leur place Christine Taubira et Louis-Georges Tin et les autres batteurs d’estrade (à la Moix, justement) occupés à entretenir soigneusement une culpabilité collective qui arrange bien nos gouvernants (voir le discours de Macron à Alger) désireux de nous désarmer intellectuellement (« pas de culture française ») et spirituellement – lois du marché obligent.

Alors à ceux qui anathémisent Viktor Orbán et autres membres du groupe de Visegrád, et maintenant les Italiens, nous répliquerons en citant Ahmed Ouyahia, Premier ministre algérien, reçu en mai par Emmanuel Macron : « On ne laissera pas le peuple algérien souffrir de l’anarchie. Et, quand on me parle de droits de l’homme, je dis “Nous sommes souverains chez nous !” » (2017). Pour exécution : le 20 mars 2018, nous lisons dans Le Monde que « depuis le début de l’année, Alger a expulsé plusieurs centaines de migrants subsahariens à ses frontières sud, confirmant le durcissement de sa politique migratoire » et tout l’article essaie de décrypter la politique d’expulsion de l’Algérie.

Remercions donc Michel Onfray de son courage et savourons le fait que tout est parti de sa remarque caustique sur « une toile en mauvais état de Lénine » exposée, selon Paris Match, dans le salon des Corbière-Garrido. France insoumise, vraiment ?

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