Natalité

La natalité, clé de la croissance ? C’est un banquier qui le dit !

Professeur agrégé et écrivain
 

Lors d’un débat organisé à Paris-Dauphine, le banquier Philippe Oddo a affirmé que la clé d’une croissance réelle et solide de l’Europe passe par une reprise de la natalité. Or, celle-ci est actuellement en pleine déroute dans l’Union européenne. Elle n’est plus, en moyenne, que de 1,58 enfant par femme en âge de procréer. Elle descend même à 1,44 en Allemagne, à 1,43 en Italie, à moins de 1,35 en Bulgarie, en Pologne, en Roumanie et en Slovénie. Seules l’Irlande (1,99) et la France (2,08) sont proches du taux de renouvellement, celui qui permet à une population de rester au même niveau si on écarte l’immigration et l’émigration.

Notre continent qui, depuis des siècles, était en tête pour la densité de population va se vider de sa population. Par exemple, l’Allemagne est attendue à 65 millions d’habitants en 2050, au lieu de 85 millions actuellement. Plus exactement, il y aura « remplacement » des « autochtones » (terme sensible à employer avec beaucoup de précautions) par de nouveaux arrivés venus principalement d’Afrique, de Turquie ou d’Afghanistan. Un démographe américain prévoit que la France aura, en 2050, 18 % de musulmans (contre 8 % en 2017). Ce chiffre s’explique par une fécondité supérieure chez les fidèles du Prophète. (Notre taux de natalité de 2,08 n’est pas celui des « Français de souche ». Il doit se situer à 1,5, mais les statistiques ethniques sont interdites en France.) L’Hexagone est confronté à une immigration massive qui change en profondeur l’origine de ses habitants.

La natalité serait corrélée avec la croissance économique. Exemple le plus frappant, le Japon est englué depuis vingt-cinq ans dans une quasi-stagnation du PIB, son taux de natalité n’est que 1,33 et il refuse toute immigration. De même, l’Italie ou la Grèce suivent le même schéma et, dans ces pays, les jeunes diplômés émigrent en masse, car ils ne trouvent pas de travail chez eux. A contrario, nous qui sommes les champions européens du nombre de bébés avons une croissance médiocre alors que les nations de l’Est (dont l’exemple le plus typique est la Pologne), la Finlande ou l’Espagne ont une natalité similaire à celle de la botte italienne, mais connaissent des taux de croissance souvent supérieurs à 2,5 %. Dans ces cas, un phénomène de rattrapage joue certainement. Avoir des enfants stimule les dépenses (logements, écoles) et la consommation des ménages. Lorsque les femmes font moins de 1,5 enfant, l’un des moteurs de la croissance est grippé, mais d’autres aussi importants peuvent compenser.

Une politique nataliste est donc sensée d’un point de vue économique et chaque euro donné aux familles est utilisé à 100 %. Il ne s’agit pas, bien sûr, de vouloir dépasser le simple renouvellement, mais de s’en approcher pour maintenir l’équilibre. Mais méfions-nous : les bien-pensants tout à leur écologie de pacotille veulent, pour soi-disant sauver la planète, réduire drastiquement les naissances, mais celle des bébés blancs, considérés comme de futurs colons et de futurs racistes.

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