Discours - Editoriaux - Histoire - Politique - Sciences - Société - 4 février 2018

Nicolas Dhuicq rejoint Debout la France : la dévitalisation des LR se poursuit

Samedi 3 février, Nicolas Dhuicq a quitté Les Républicains pour rejoindre Debout la France. Il s’en est expliqué, samedi soir, au micro de Boulevard Voltaire. Ce ralliement n’est pas anodin et sonne comme une bonne nouvelle pour tous ceux qui croient que la nation n’est pas qu’une simple station de métro dans l’histoire des hommes. Le premier d’une série ?

Certes, le maire de Brienne-le-Château (Aube) n’était pas, jusqu’alors, un leader national de premier plan au sein des LR. Cela dit, y a-t-il encore des leaders – si l’on excepte Laurent Wauquiez – et y a-t-il encore quelque chose de national dans ce mouvement, très lointain héritier du parti gaulliste ? Mais Nicolas Dhuicq était un militant de longue date de cette formation. De 2007 à 2017, il a été député de l’Aube sous cette étiquette. Et l’on se souvient de son combat à l’Assemblée nationale contre le projet de loi de mariage homosexuel. Un combat qui n’avait pas pour but d’amuser la galerie des bonnes consciences, si promptes à se ranger à la loi sitôt votée, car « c’est la loi de la République ». Cette page ne suffirait pas pour citer tous les « leaders » UMP puis LR qui nous jouèrent cette triste pantomime avec souvent, suprême hypocrisie, ce magnifique tomber de rideau : « J’ai réfléchi, j’ai évolué. » Les martinets qui tournent dans le ciel évoluent aussi.

Nicolas Dhuicq n’évolue pas. Il progresse. Car il a des convictions. Et c’est, du reste, par là qu’il faudrait commencer. Ecoutez bien cette interview sur Boulevard Voltaire. Une chose m’a frappé : pas un instant il n’emploie le mot « droite ». Mais tout son propos reflète les convictions d’un homme de droite. C’est là toute la différence avec, par exemple, Valérie Pécresse qui, elle, s’accroche aux LR comme une moule à son rocher. Son discours est ponctué de ce mot « droite » mais elle en reste à la ponctuation.

Le ralliement de Nicolas Dhuicq, comme il l’explique, est le résultat d’une réflexion. Un vilain mot, semble-t-il, depuis de nombreuses années dans notre classe politique qui a une tendance lourde aux positionnements réflexes, pour ne pas dire pavloviens. L’un de ces réflexes est bien connu. Il est quasi congénital. C’est celui vis-à-vis du Front national. On est contre par principe mais on ne sait plus pourquoi. Jamais d’alliance avec le Front national ! Une petite histoire pour illustrer cela : la semaine dernière, je rencontrais un élu local, qui ignorait totalement que le Front national avait cogéré la région PACA avec M. Gaudin dans les années 80. Du temps de Jean-Marie Le Pen… Alors, ça alors, la vendetta ne serait donc pas si congénitale et ancienne que cela ? Jamais, c’est à partir de quand ? Et jusqu’à quand ?

Nicolas Dhuicq ne se positionne pas par réflexe partisan mais par conviction. Il pose les questions essentielles qui parcourent notre société française et, plus largement, ce monde globalisé. La nation est-elle encore « un espace de solidarité pertinent » ? Évidemment, la question de l’islam. La relation entre le capital et le travail dans un monde où les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. Et, enfin, la question qui devrait mobiliser ceux qui croient en l’homme : celle de la marchandisation du corps humain. En rejoignant Debout la France, Nicolas Dhuicq démontre en quelque sorte que Laurent Wauquiez, malgré ses prises de position, n’apporte pas de réponses suffisamment claires à ceux qui croient en la nation et en l’homme.

Finalement, aujourd’hui, les choses se clarifient peu à peu à droite de l’échiquier politique français. Pour schématiser : soit on est pour Macron et le projet de société qu’il porte. Soit on est contre parce qu’on est attaché à la nation, à nos valeurs de civilisation. Et, dans ce dernier cas, il n’y a qu’une seule solution : l’union la plus large possible à droite, en rangeant cet oxymore qu’on appelle « la droite et le centre » au musée des incongruités. Mais, comme l’évoquait à juste titre Marine Le Pen à l’automne dernier, il faut être au moins deux pour s’unir…

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