Editoriaux - People - Religion - Théâtre - 8 avril 2018

Sacrée Arielle Dombasle !

Tout le monde connaît Arielle Dombasle. Qu’elle énerve, qu’elle charme, ou les deux à la fois, difficile de rester indifférent à cette silhouette de sylphide, à ce visage éternellement jeune, à cette voix de soprano dramatique, à sa façon de parler, un peu snob, de la grande bourgeoisie des quartiers huppés. Arielle, c’est évidemment la femme de BHL, Bernard-Henri Lévy, mais pas que. Actrice, réalisatrice, scénariste, elle a accordé une intervieuw à Léa Salamé, toujours en embuscade. Et pas dans n’importe quel lieu : dans l’église Saint-Eustache. Arielle est croyante. Profondément.

Bottée de noir, une très grande croix en cristal au-dessus d’un pull également noir, c’est « dans toutes les églises du monde » qu’Arielle Dombasle se sent « réellement chez [elle] ». Elle le dit, comme ça, sans gêne aucune et presque ingénue, avec une fougue à peine contenue. Mais tout de même, « on pourrait dire aussi […] que vous imposez votre religion aux autres, que ce n’est pas une manière discrète de vivre sa religion », l’interroge, un poil véhémente, la journaliste.

Évidemment, que ce n’est pas « très discret » mais, « en même temps », elle n’est « pas une personne discrète », elle est une « personne dans la lumière, dans la métaphormose », elle joue « tellement de rôles », Arielle ! Elle est comme ça, la Dombasle, à traverser la vie comme un théâtre, jouant ici, dirigeant là, écrivant parfois, touchante parfois, agaçante souvent, mais portée par sa foi qui alimente ses passions.

La Vierge Marie ? C’est en son nom « qu’ont été faites les plus belles choses », dit-elle. De belles choses comme les premiers hôpitaux (an 370) pour y accueillir les malades, les pauvres, les infirmes, les lépreux ? Ah, mais Arielle ne serait pas Arielle si elle ne pensait pas plutôt « au Quattrocento, aux Fra Angelico, Botticelli, Michel Ange, Raphaël » qui ont incarné « la figure aimante, la douceur, toute la bonté du monde » à travers la Vierge, « la femme la plus aimée du monde ». Non, ne soyons pas vaches avec notre sophistiquée célébrité qui « aurait aimé jouer les grandes mystiques à travers les âges », elle est sincère. Et mystique aussi, et pas à demi. Quel heureux homme, Bernard-Henri Lévy !

La première fois qu’elle a vu Bernard-Henri, « j’ai aimé tout de suite son visage de Christ tourmenté, j’ai pensé que je pourrais le sauver ». Léa Salamé (et nous !) en reste interdite ! « Vous n’aviez quand même pas eu l’impression d’avoir le Christ devant vous ? », s’étrangle-t-elle presque. Eh bien, si ! Arielle a été subjuguée par « une sorte d’amour mystique immédiat ». Et 25 printemps plus tard, elle n’a pas changé d’avis. Alors là, pour Léa Salamé trop, c’est trop !

Et avec l’Église, comment elle fait, « la Arielle Dombasle marraine de la Gay Pride, la Arielle Dombasle sulfureuse », hein, il ne lui passerait pas par-dessus la jambe, ce dogme qui critique « le mariage pour tous et l’avortement et le préservatif » ?

Comment elle fait, la Dombasle ? Eh bien, elle fait comme « une catholique du XXIe siècle » : elle respecte ses « principes moraux, la foi, l’espérance, la charité ». Qu’on l’aime ou pas, Arielle l’extravagante a du cran.

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