Fascisme vegan

Terra Nova : la gauche se met au régime et veut nous interdire la viande !

Journaliste, écrivain
 

Terra Nova ? Un cénacle de brillants penseurs, sorte de cerveau d’appoint de la gauche. Ceux-là même qui ont théorisé le grand remplacement électoral du Parti socialiste : on largue les classes populaires, salauds de pauvres, d’ouvriers et autres beaufs de zones pavillonnaires ou de cambrousse, pour tout miser sur des enfants d’immigrés en quêtes de repères et des hipsters tout aussi socialement précaires, trimballant leur mal de vivre entre deux stages de web design jamais payés.

Comme il faut bien s’occuper et que la soupe politicienne n’est plus ce qu’elle fut, il était fatal que les théoriciens de Terra Nova s’occupent désormais de nos assiettes, proposant ainsi que notre consommation de viande soit divisée par d’eux dans les vingt années à venir. Pourquoi par deux et pas trois ? Pourquoi sur vingt ans et pas trente ? Bonne question.

D’où cette étude, publiée le 23 novembre dernier, qui pose en préambule : « L’objet de ce nouveau rapport n’est pas de condamner en soi la consommation de viande. » Trop aimable… « Mais tout plaide pour que soit recherché un nouveau compromis entre nos traditions alimentaires et nos impératifs sanitaires, environnementaux et économiques. » « Tout le monde », vraiment ? Surtout le petit monde de Terra Nova, semble-t-il.

Mais que l’amateur de gigot dominical se rassure, ne s’agissant pas là d’une « punition » mais d’un « futur désirable ». « Désirable » par qui ? Les buveurs de jus de navet et la secte des adorateurs de l’oignon, manifestement. Le peuple vote mal ? Il ne mange pas mieux : « Il faut cesser de discriminer le repas végétarien, qui ne doit plus être une exception ou une bizarrerie, mais une partie de l’alimentation ordinaire. » En quoi ceux qui préfèrent le steak de soja seraient discriminés par les amateurs de tournedos à la viande de vache ? L’histoire ne le dit pas. Ce que dit, en revanche, Thierry Pech directeur général du comité Théodule en question et co-auteur du rapport qui nous occupe, est autrement plus inquiétant : « Nous souhaitons proposer une transition alimentaire plus modérée par le biais de politiques publiques de grande échelle. »

Après le temps des Compagnies républicaines de sécurité, voici donc venu le temps d’une toute autre ligue de vertu, qui devrait tôt sortir la matraque. Ce pour notre bien, sachant qu’à les en croire, tout ce qui est bon serait mauvais. En attendant les Brigades de l’eau minérale ?

Au fait, hors la moindre notion de sens commun, demeure un grand absent dans ce rapport : la marchandisation du monde. Pas une ligne ou presque, en effet, sur les multinationales de la malbouffe, la réification des animaux ayant le bon goût de nous nourrir, l’industrialisation de nos repas, le goulag aseptisé qui, paradoxalement, nous empoisonne. Rien non plus sur ces éleveurs qui aiment leurs bêtes, qui appellent leurs vaches par leurs petits noms, allant parfois jusqu’à écraser une larme au moment de l’abattage. Rien de ce qui fait plus qu’une civilisation, une sorte d’art de vivre à la française.

Il doit décidément y avoir des mots qui leur arracheraient la gueule à ces ennemis du bon gueuleton partagé entre amis chers que vient généralement arroser le fruit des vignes du Seigneur. Éprouver à ce point une telle haine du bonheur, ça en viendrait presque à nous couper l’appétit. Une chance que les Français aient encore de la ressource.

À la tienne, Ducon !

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