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Le Touquet, sa villa « Monéjan », ses CRS et enfin ses… gendarmes mobiles !

Ancien officier de Gendarmerie

Diplômé de criminologie et de criminalistique

 

Le Touquet porte de la côte d’Opale, son patrimoine architectural de style anglo-normand, sa plage de sable fin de plusieurs kilomètres, son phare de la Canche avec ses 274 marches et sa vue imprenable… Voilà une vision qui fleure bon les vacances. Une vision que les CRS, en garde statique devant la maison du couple présidentiel, n’ont pas l’air d’apprécier. Cela fait, effectivement, un moment que le ras-le-bol des policiers est patent, car ils jugent les conditions de travail particulièrement difficiles.

Depuis l’investiture d’Emmanuel Macron, la maison est gardée 24 heures sur 24 par environ 40 hommes d’une compagnie républicaine de sécurité (CRS), assurant à tour de rôle la garde statique de la demeure, même quand le couple n’y est pas. Trop, c’est trop, et les personnels ont fait monter au créneau le syndicat UNSA de la police nationale pour demander des améliorations des conditions de travail. En effet, aucun abri pour se protéger des intempéries n’existe et les personnels n’ont même pas accès à des toilettes… D’ailleurs, un restaurateur du Touquet s’était ému de cette situation et avait décidé d’offrir des repas aux CRS les 25 décembre et 1er janvier derniers. Mais ce qui a occasionné le ras-le-casque des hommes en bleu, ce sont les conditions climatiques hivernales cumulées au port d’un équipement particulièrement lourd (20 kg). D’après Le Point, les CRS étaient au « bord de l’épuisement physique ».

Depuis 2017, les CRS ne portent pas le Président dans leur cœur. On se souvient que ceux-ci avaient manifesté leur mécontentement en se faisant porter pâles pour dénoncer, notamment, le projet de fiscalisation de leurs primes d’indemnité de déplacement. Ainsi, le 21 septembre 2017, près de deux mille d’entre eux s’étaient mis en congé maladie lors de la visite d’Emmanuel Macron à Marseille. Ils avaient alors été remplacés par… des gendarmes mobiles. Une suppléance qui a dû donner des idées à ceux qui ont en charge la sécurité du Président, puisqu’il a été décidé de remplacer les fonctionnaires de police au Touquet par ces fonctionnaires dociles, muets par déontologie, j’ai nommé encore et toujours les gendarmes mobiles. En effet, d’après La Voix du Nord, les CRS stationnés devant la villa « Monéjan » devraient quitter leur poste le 20 février pour être remplacés par un escadron de gendarmes mobiles qui ne peuvent, de par leur statut militaire, qu’accepter cette charge de travail. La préfecture de Calais aurait pris cette décision le 8 février après avoir rencontré les représentants des CRS.

Vous imaginez les pensées fulminantes des pandores à qui on fait comprendre que, quand la police nationale ne veut pas d’une mission, il est toujours temps de la leur refiler.

En ces temps – nous dit-on – de la réduction de la dépense publique, on peut s’étonner que cette résidence secondaire soit gardée H24 avec un dispositif aussi lourd. Vous me direz aussi que ce n’est pas la première fois que l’on garde la résidence secondaire d’un chef de l’État. Souvenons-nous du château de Giscard à Authon, dans le Loir-et-Cher, de la propriété de Mitterrand à Latche, dans les Landes, ou du château de Chirac à Bity, en Corrèze. Une tradition française…

Mais le plus curieux, avec le dernier Président, est que la villa du Touquet ne lui appartient même pas puisqu’elle est la propriété de Brigitte. Moralité : du personnel payé par l’État garde en permanence une propriété qui n’appartient pas au chef de l’État !

Diplômé de criminologie et de criminalistique

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