15 avril 2018

Zadistes : un autre monde. Ben voyons…

Étonnantes interviewes de zadistes du dernier carré.

Éternellement à visages cachés, ces gens que l’on devine jeunes, d’assez bonne famille, souvent étudiants, donc arrivés à un niveau d’après-bac, ne veulent pas des règles de l’État, en apparence seulement. En fait, ils ne veulent pas de l’autorité de l’État quand elle ne les arrange pas, quand elle leur interdit de s’installer sur une terre qui n’est pas la leur, quand elle leur demande de décliner une identité sur un papier administratif, quand elle leur impose de se plier aux règles sanitaires pour leurs produits agricoles, quand elle leur demande de payer l’impôt ordinaire sur le travail et l’exploitation de la terre.

En revanche, ils expliquent très savamment quelles sont les règles auxquelles les gendarmes doivent se plier, quelles sont les limites de leur action. Ils expliquent aussi doctement quelles devraient être les postures de la préfète de Loire-Atlantique et à quelles entorses à la loi générale elle devrait se plier pour leur faire plaisir et satisfaire leurs revendications. Ils argumentent encore sur le fait que l’État parle de « loi, de conformité », quand eux parleraient « de cœur, de projet, d’amour, de paix et d’une autre société ».

Gageons tout de même que ces gens vivent avec de l’électricité, qu’ils payent ou pas, qu’ils volent peut-être sur les lignes qui traversent leur territoire devenu tribal, qu’ils entendent mener leurs beaux projets sur une terre qui appartient à l’État, donc à nous tous, sans que cela ne leur occasionne la moindre gêne aux entournures, et qu’ils préfèrent, tout en prônant la paix et l’amour, affronter violemment les policiers, dont certains seraient assurément morts sans leurs protections personnelles de combat. Quand leurs femmes accoucheront, ils tiendront à bénéficier des services de la maternité d’une société à laquelle ils refusent de contribuer.

Ils occupent exactement la même posture que ces enfants de trois ans, arrivés au stade du « non » bien connu des parents et des psychologues, qui acceptent en apparence les règles qui les arrangent et refusent celles qui les frustrent. Ils ne supportent pas la loi de l’État, perçu comme paternaliste, comme ils n’ont vraisemblablement pas supporté celle du père, avec un fonds de pulsions liées au stade anal qui les a poussés, détail révélateur, à bombarder les forces de l’ordre avec leurs propres excréments, méticuleusement mélangés dans des cocktails de type Molotov. On les devine aisément ex-enfants très gâtés, ou éventuellement très abandonnés, au point de n’avoir jamais subi la moindre autorité frustrante dans une trop bonne famille, ou de n’avoir jamais rencontré les moindres limites lors d’une enfance ballottée.

« Vivre autrement », allons donc : les vrais artisans du vivre « autrement » sont des gens intelligents, charismatiques et travailleurs qui s’insèrent dans la société et contribuent, par leur génie, à la transformer. Les autres déguisent leur asociabilité, leur incompétence, dissimulent leur violence et leurs pulsions avec du discours humanitaire.

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